Actualité nationale

Hervé Novelli : « Mobiliser les alliés de la Réforme »

09/01/2009 - Actualité

Hervé Novelli, Président des Réformateurs, Secrétaire d'Etat chargé du Commerce, de l'Artisanat, des PME, du Tourisme et des Services, vient de publier cette lettre ouverte où il appelle à une mobilisation de tous les alliés de la Réforme.

La France avec Nicolas Sarkozy découvre l'action, ses avantages et ses inconvénients. Depuis trop longtemps et assurément depuis 1997, la France avait pris l'habitude confortable d'évoquer les problèmes, de les nommer : « incivilité, fracture sociale, développement durable, délocalisation, communautarisme », j'en passe et sans doute des plus importants.

Puis parfois on décidait de dépenser vraiment ce que l'on avait décidé « plan banlieue », « plan de rénovation urbaine », « de rattrapage statutaire ». Parfois même, on dépensait ce que l'on avait décidé de dépenser, et ce dans l'indifférence des bénéficiaires, voir leur ingratitude.

Mais à peu près jamais nous ne nous attaquions à la base des problèmes. Même les diagnostics étaient bien partiels, et le plus souvent volontairement incomplets, comme sclérosés par une « pensée sinon unique du moins obligatoire ».

Désormais, les diagnostics évitent la langue de bois. Les chats sont appelés des chats enfin ! Nicolas Sarkozy en apporte la preuve toutes les semaines et tant mieux. François Fillon n'est pas non plus adepte de la langue de bois. Enfin, les dirigeants français parlent vrai et les Français s'en réjouissent même si catégories par catégories ils peuvent s'en inquiéter.

Rien de ce qui est à faire n'est facile. L'offre de biens publics doit être maîtrisée, ce qui veut dire souvent diminuée lorsque cela n'est plus utile, pour permettre de la renforcer lorsque cela est nécessaire. Un symbole qu'illustrent « les franchises Assurance-Maladie » pour financer les luttes contre la maladie d'Alzheimer, le cancer, les fins de vie dignes.

Il en est de même pour les réformes de la carte judiciaire, pour la fusion de l'ANPE et de l'UNEDIC, pour celles des trésoreries et des services fiscaux. Dès lors que l'on quitte le confort des vœux pieux et des souhaits lointains, la route devient difficile : cahots, côtes rudes, ravins biens proches. C'est le prix du changement, et il faut le payer maintenant. Les inconvénients des changements sont immédiats et visibles pour ceux qui en souffrent, les avantages sont lointains, diffus et donc peu visibles. La réforme peine à mobiliser ses alliés et fédère des adversaires hétéroclites mais résolus.

Pour autant, Nicolas Sarkozy sait qu'il a reçu un mandat d'une majorité claire des français dans une élection où la participation a été historique. Son devoir est d'avancer, dans le respect des uns et des autres,' mais d'abord et avant tout dans le respect de son engagement de candidat.

Son devoir aujourd'hui est de mobiliser des alliés, les alliés de la Réforme. Elle ne peut pas être portée à bout de bras par un tout petit nombre voire par un seul. Qui sont ces alliés à venir ? L'UMP naturellement. La majorité parlementaire, oui, assurément. Mais c'est dans le pays, son opinion publique et ses relais d'opinions, qu'il faut travailler, avec un seul argument : le devoir de réformes. Chacune de ces réformes est irritante. Ensemble, elles forment une espérance. Et c'est justement cette espérance qui rend chaque réforme irritante acceptable en définitive. Nicolas Sarkozy affiche un objectif collectif,- une croissance 50 % plus forte, le fameux 1 % en plus. Aucune réforme ne fait plaisir. C'est en les faisant toutes et en les faisant à fond que l'on maintient l'espoir de ce bond en avant de la croissance qui permettra de payer les dettes et de d'envisager de nouveaux projets.

Le bonheur est dans le tout et la paralysie dans le détail. C'est donc bien toutes les réformes qui sont nécessaires pour que chacune soit acceptée. Nous avons trois alliés principaux : ceux qui veulent-travailler plus, ceux qui veulent que cela marche mieux, ceux qui ne veulent pas laisser à leurs enfants un pays endetté. Ceux qui veulent travailler plus sont perplexes face au texte d'application des heures supplémentaires. Il faut retrouver l'élan et rendre le projet facilement applicable.

Ceux qui veulent que cela marche mieux attendent le dénouement de la crise des régimes spéciaux. Ce changement est emblématique de la capacité à réformer sans paralyser le pays. Une fois obtenu et accepté, il rend les petites batailles d'arrière garde, y compris en matière de Justice, anecdotiques.

Ceux qui ne veulent pas laisser à leurs enfants un pays endetté attendent un élan de croissance et une maîtrise de la dépense publique. L'un et l'autre s'épaulent. Tout l'un ou tout l'autre aurait paralysé le pays ou déconsidéré l'action, publique. Mais le calendrier est court : la RGPP (révision générale des politiques publiques) et la croissance ont rendez-vous au printemps. Jamais l'une sans l'autre.

Les parlementaires seraient avisés de soutenir la réforme qui les concerne. Ne sont-ils- pas les mieux placés, pour mobiliser au service de la réforme, chacun de ces trois groupes d'alliés, en saisissant les pouvoirs nouveaux que leur offre la Commission Balladur ? Et, s'il y a un prix à payer, il est mince au regard de l'enjeu qui s'offre à eux, d'être les acteurs du réalisme dans la conduite du changement. Car c'est bien le Parlement, demain, qui pourra vérifier la réalité des trois rendez-vous réussis des alliés naturels de la réforme en France, que sont le travail enfin libéré, 1'autorité de 1'Etat restaurée, la dépense maîtrisée. C est notre affaire de parlementaire, La Commission Balladur nous en donne les moyens. Bâtissons dans l'ouverture à une majorité parlementaire pour que le Congrès replace le Parlement au cœur de sa responsabilité.

Hervé Novelli

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